Japon III: Nara, les Alpes Japonaises et Toyota city; biches (encore), villages de samouraï, maisons ‘mains en prière’, jardins de rêve et visite usine Toyota

17 09 2010

Les Japonais ont des mots ou des expressions merveilleusement précises pour désigner des choses subtiles de la vie, auxquelles il faut être attentif pour savoir qu’elles existent tout court. Quelques exemples : ‘Mono no aware’, la douce amertume des choses; ‘Okashisa’ : une incongruité surprenante et plaisante (un cousin germain de l’anglais ‘serendipity’), ‘Wabi Sabi’, qui permet de reconnaître la beauté des choses éphémères, imparfaites et modestes (qui débouche sur des notions artistiques comme l’imperfection souhaitée des céramiques Raku et sur une véritable philosophie de vie prônant un retour à une simplicité, apprécier l’instant à sa juste valeur.) ;

 ‘Honne’ (les sentiments profonds et réels –desquels les japonais sont le plus souvent coupés) et ‘Tatemae’ ( la façade, l’opinion et le comportement attendus) Les Japonais alternent entre ‘Honne ‘et ‘Tatemae’ mais semblent passer entre 99 et 100% de leurs interactions dans le registre tatemae attendu par la société et la famille. Ce qui contribue à rendre très difficile voire chimérique des relations franches comme on peut les vivre chez nous.

La gare ultramoderne de Kyoto

Avant de remonter vers le Nord, nous allons à Nara retrouver des biches et des daims.

Installation au joli Ryokan

puis petite marche vers le Todaiji, le temple bouddhiste monumental et spectaculaire emblématique de Nara. Dont la salle du Bouddha est la plus grande  construction en bois du monde. Avec –comme souvent ailleurs aussi- un enchaînement classique : d’abord des cris d’adolescentes: « Kawai ! » qu’en l’occurrence on pourrait traduire par « Trop mignonnes » puisqu’il s’agit de nos filles (Et ma femme, elle est pas belle ma femme ? Et moi, qu’est-ce-qui y’a, j’suis trop vieux c’est ça ?) suivi d’une demande polie de prise de photos avec elles difficile à refuser, suivi de la séance de pose.

Ce qui est drôle c’est que quel que soit l’endroit, même si c’est spontané, comme on est en plein dans le tatemae (voir ci-dessus), l’enchaînement des exclamations, des questions, des attitudes, des poses etc est identique de bout en bout, comme un script rituel parfaitement maîtrisé.

Le monumental Todaiji

10€ pour le bonheur éternel, moi je dis c'est donné.

 

 

Retour au ryokan pour la nuit sur futon et tatami comme il se doit. Après un bain familial collectif. [Les photos sont en vente sur nakedwannabecelebrities.nude]

 

 

 

Le lendemain on continue des jolies visites à Nara et Kyoto, bien atmosphériques comme il faut

 

 

Sonnez les matines

Ghostbuster

 

Les sentiers moins battus évoqués dans le post précédents sont quand même assez facilement accessibles de Nara, via Kyoto, un coup de shinkansen jusqu’à Nagoya et c’est parti vers le Nord et la préfecture de Gifu en voiture de location.

Sans bien s’en rendre compte, on arrive dans les montagnes des Alpes Japonaises et après une petite erreur de pilotage, GPS en japonais oblige, nous arrivons dans la merveilleuse vieille ville de Takayama.

 

Un peu conte de fées avec ses brasseries de saké pluri-centenaires,

Barils de saké

ses vieilles maisons de riches commerçants tout en bois avec leurs claustrats d’époque,

 

ses auberges. Si on rajoute des dîners au bœuf bien marbré de gras de Hida, avec une plus faible proportion de graisses saturées, moins connu mais aussi délicieux que son cousin également wagyu de Kobé, vous comprendrez qu’on s’est vraiment plu à Takayama.

Cette ville accueille aussi une fois par an l’un des 3 festivals (Matsuri, comme la chaîne de kaitensushi) les plus beaux du Japon. Nous n’y étions pas au moment du festival mais nous avons vu les chars utilisés, le musée du festival et des vidéos qui donnaient vraiment envie.

Cerise sur le gâteau, à 3 kms de Takayama se trouve le village reconstitué de Hida No Sato,

En tous cas nous on s’y est régalés. En plus, nous n’étions pas dans une auberge traditionnelle mais dans un hôtel et avons largement profité de la liberté qui va avec pour ne pas dîner avec le repas traditionnel (kaiseki) au goût difficilement acquis pour mes femmes…

Cette ville accueille aussi une fois par an l’un des 3 festivals (Matsuri, comme la chaîne de kaitensushi) les plus beaux du Japon. Nous n’y étions pas au moment du festival mais nous avons vu les chars utilisés, le musée du festival et des vidéos qui donnaient vraiment envie.

Cerise sur le gâteau, à 3 kms de Takayama se trouve le village reconstitué de Hida No Sato,

avec ses importantes maisons déplacées et rapportées de plusieurs villages différents, avec leurs toits élevés, joliment appelées ‘gassho-zukuri’, c’est-à-dire ‘mains en prière’. 

Et la reconstitution est vraiment parfaite : il y a du feu dans la cheminée, quand on vous parle du fait que les paysans cultivaient le riz, on vous montre de vrais ballots de riz stockés à coté des maisons… Résultat, c’est à la fois authentique et mis en scène mais on s’y croirait. 

En tous cas nous on s’y est régalés. En plus, nous n’étions pas dans une auberge traditionnelle mais dans un hôtel et avons largement profité de la liberté qui va avec pour ne pas dîner avec le repas traditionnel (kaiseki) au goût difficilement acquis pour mes femmes…

Un coup de voiture vers Shirakawa-go pour voir d’autres maisons gassho, dans le jus celles-ci mais moins charmantes –

Certaines branches des pins sont maintenues à l’aide de poutres, en particulier pour éviter qu’elles ne se cassent lorsqu’elles se couvrent de neige. Sur cette côte occidentale où les précipitations sont plus importantes, les branches sont d’ailleurs parfois attachées en haut du tronc par des cordes pour éviter que ces témoins du passé ne se brisent bêtement.

 

Un coup de voiture vers Shirakawa-go pour voir d’autres maisons gassho, dans le jus celles-ci mais peut-être un peu moins charmantes –

 

 –en tous cas, ça faisait un peu doublon et on aurait pu se contenter de Hida No Sato-

 

 et on continue toujours vers le Nord jusqu’à Kanazawa, sur la façade ouest du Japon, et son fameux jardin kenruko-en. Il ne faisait pas très beau pour notre visite mais quel havre de paix…

Une sorte de compromis entre un jardin à l’anglaise et l’ordre du jardin à la française mais la touche est toute japonaise.

Certaines branches des pins sont maintenues à l’aide de poutres, en particulier pour éviter qu’elles ne se cassent lorsqu’elles se couvrent de neige. Sur cette côte occidentale où les précipitations sont plus importantes, les branches sont d’ailleurs parfois attachées en haut du tronc par des cordes pour éviter que ces témoins du passé ne se brisent bêtement.

Puis nous redescendons vers le Sud pendant quelques heures vers les Alpes Japonaises proprement dites que nous n’avions fait qu’effleurer jusqu’ici. Il est amusant de noter que ces Alpes qui culminent à 3200m et leur beauté ont été révélées au monde en 1896 par un pasteur…anglais. Kamikochi, une des principales stations de montagne, est interdite aux voitures donc après une petite sélection des habits nécessaires à notre mini-trek qui promettait d’être humide, 

nous montons en navette-bus vers Kamikochi. Rencontre avec Greg, un américain aussi sympa que hard-core qui vient de traverser le Japon du Nord au Sud en auto-stop et en campant avec sa tente dans la neige à Hokkaido, l’île la plus au Nord du Japon.

Le lendemain, après une nuit dans notre chalet-cabane de 8m2 au milieu des bois,

Notre 'chalet' dans les Alpes japonaises

promenade de bon matin avec Greg vers l’étang magique Taisho. Magique parce que totalement onirique avec sa brume, ses rochers, ses bouleaux et ses mélèzes qui se reflètent dans l’eau.

 

 

 

Col vert

 

 

En gros, ça veut dire que si on ne veut pas rencontrer nounours, il faut pas y aller

Malheureusement, la météo s’annonce très défavorable à 5/5 donc alors que nous voulions rester un peu faire des marches, nous rabotons cette étape aussi sûrement que des niches fiscales pour éviter les excursions sous la pluie et les récriminations enfantines (« Parents, démission ! ») qui les accompagnent généralement.

Une charmante escale dans un ancien village de samouraïs avec encore des jolies maisons en bois et un ryokan qui nous offre une entrée à base de larve d’abeilles

Dans le ramequin bleu, des larves d'abeille à déguster

qui nous intrigue quand même pas mal (pas mauvais sans être une révélation).

 Le lendemain matin, nous avons rendez-vous à Toyota city (la ville a pris le nom du constructeur –originellement fabricant de machines à coudre- en 1959) pour une visite d’une des usines Toyota.

 Pas vraiment une visite privée : c’est gratuit et ça s’organise très bien sur internet. D’ailleurs ils ont déjà accueilli plusieurs centaines de milliers de visiteurs. Malheureusement les photos sont interdites en-dehors des robots à l’accueil,

 pour des raisons évidentes –même si le kanban et le kaizen Toyota ont été décortiqués et enseignés en école de commerce.

Malheureusement car c’est ultra-spectaculaire. Pour nous et pour les filles qui découvrent le tourisme industriel en même temps que nous. Aaah la danse des robots d’assemblage et de soudage autour du véhicule, avec leurs longs bras articulés de métal blanc. On se croirait dans la scène de l’apprenti sorcier sauf qu’au lieu des seaux et des balais on a des locustes modernes qui s’activent frénétiquement au milieu d’une pluie d’étincelles. Une interruption de quelques dixièmes de seconde et c’est reparti, une autre carcasse de véhicule arrive pour se faire assembler. Et dans les endroits où les machines cohabitent avec l’espèce humaine, celle-ci ne se débrouille pas mal du tout. Sans qu’on puisse réellement parler de cadences comme dans ‘Les temps modernes’ – les hommes sont mobiles autour de la chaîne- le niveau d’activité et la rapidité des gestes sont impressionnants. Une visite étymologiquement extra-ordinaire qui conclut notre voyage dans le centre du Japon. Nous voulions aussi aller dans le Nord d’Hokkaido, à Shiretoko et aussi à Nikko et dans d’autres endroits encore mais aussi bien pour des raisons budgétaires que parce que l’envie de se poser un peu est de plus en plus palpable, nous rentrerons quelques jours à Tokyo avant de partir en Indonésie.

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One response

13 10 2010
kuma

La photographie du voyage qui est merveilleux même si je le prends!Mais les pantoufles déçoivent seul à un yukata.Enlevez les pantoufles sur le tapis du tatami.

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