Cameroun II: Hippos, le coup de la panne, « Les blancs ont des montres mais ils n’ont pas le temps », teuf façon rock star et ils sont où les éléphants ?

7 01 2010

 

Cela fait deux mois que nous n’avons pas vu la pluie. Depuis l’Amazonie. Sans qu’elle nous manque trop en fait.

Au retour, on se régalera à revoir Kirikou. Car ce dessin animé capture de façon très simple mais absolument parfaite la quintessence de la vie dans les villages africains tels que nous les avons vus : les jolis habits colorés, le pilage des céréales, les allers-retours au puits avec les jarres sur la tête, les cases rondes ou carrées avec leurs toits en herbe séchée, les travaux dans les champs etc.

A l’atterrissage à Maroua après escale à Yaoundé, Pierre vient à notre rencontre. C’est un corse sympathique d’une cinquantaine d’années qui  vient de reprendre le campement où nous devons dormir ce soir-là. Il n’aurait pas dû être à notre arrivée car il partait faire l’approvisionnement de son restaurant à Douala mais quinze ‘officiels’ ayant décidé de faire le déplacement à la dernière minute, l’avion s’est retrouvé avec un giga-surbook et 20 personnes ont été débarquées. Dont lui. C’est apparemment assez courant au Cameroun et justifie d’arriver à l’aéroport avec 3 heures d’avance. Pour un vol intérieur.

Nous retrouverons Pierre au campement où il nous régalera, avec son épouse camerounaise sympa, d’histoires africaines un peu délirantes.

Après avoir fait la connaissance de Manga et Terry Zakari, notre équipe guide- chauffeur de choc, nous nous installons au campement qui, comme prévu, est bien bien décati. Ah, passion du néon quand tu les tiens… Pierre nous explique qu’il vient de signer un bail de cinq ans avec le gouvernement et va petit à petit investir si les touristes sont au rendez-vous…

Un coté très sympa du campement : des paons en liberté, des tortues d’eau, des singes et trois autruches

dont on voit 3 très beaux œufs. [Pour les zoophiles, l’autruche femelle ne couve pas et les œufs éclosent tout seul après 21 jours.]

Mais nous partons déjà pour une balade en pirogue vers les hippos. Sûrement notre plus belle balade africaine, avec la belle lumière du soir qui tombe,

quelques pirogues de pêcheurs et de locaux qui rentrent du marché par le fleuve.

Température idéale, moral au beau fixe. Ca faisait un moment qu’on n’avait pas pris autant de plaisir.

Le piroguier nous parle des villageois tués par les hippos et enfin les voilà.

Hippo flou

 Pas très nombreux car ils sont cachés dans les herbes (voir plus loin, on en verra beaucoup plus) mais quand même intéressant. Le piroguier joue à se rapprocher avec un mâle qui du coup part en plongée, déclenchant notre retraite. C’est lorsqu’il est immergé que l’hippo est le plus dangereux car il peut attaquer le bateau par surprise.

Retour au campement,

Atmosphère

dîner, rituel de la Malarone anti-palu puis nuit un peu moustiquée mais pas trop. Réveil à l’aube. Les paons nous font une belle démonstration de vol de paon jusqu’au toit du bâtiment principal et retour.

Puis départ sur la piste en direction de la frontière tchadienne,

 un village de cases-obus assez étonnantes

 (les aspérités sont des marches sur lesquelles les bâtisseurs prennent appui pour s’élever en hauteur et construire la case)

Un marché aussi coloré que sale et enfin une visite au sultan.

 Un mélange de taxe touristique mais aussi d’authenticité puisque le sultan (dans d’autres endroits on l’appelle ‘amado’) a effectivement le rôle de chef d’une région regroupant plusieurs villages. Celui-ci est responsable d’une centaine de milliers de foyers. Et lorsque nous rentrons dans sa grande tente, une audience solennelle s’y déroule effectivement avec des hommes agenouillés devant le sultan sur son trône. Nous entamons une discussion où ce géant (2,10m à vue de nez, les hommes du coin sont vraiment immenses) se montre remarquable tant dans son expression que dans le fond de ses réponses à nos questions. Le palu et l’accès à l’éducation des enfants sont ses principaux challenges. Les filles sont un peu impressionnées par l’ambiance, par le protocole et par la quasi-obscurité dans la tente. A la sortie, la lumière est donc bienvenue et les filles sont ravies de tomber sur un chef de village en visite au sultan qui les laisse jouer avec son épée d’apparat. 

 

Nuit dans un campement tenu par un autre français aussi franchouillard que chasseur. « Moi mon truc c’est la plume » et ancien gérant du parc automobile d’une grosse société agricole locale « Trois cents cartes grises s’il-vous-plaît ». Dans son campement il y a quelques gazelles un peu farouches qui déambulent. Elles se mettent aussi à déambuler plus vite lorsque les filles se ruent vers elles.

Le lendemain matin, départ tôt pour le parc animalier de Waza et son illustre campement d’Etat unanimement décrit comme étant abominable. Et c’est le seul hébergement dans un vaste rayon, sauf au prix d’un A/R de 3h sur piste défoncée.

Mais d’abord, dans le premier bourg traversé, Terry nous fait le coup de la panne avec la courroie du ventilateur qui cède. 

  

Il en a plein de rechange dans le coffre mais comme c’est l’Afrique, la courroie du véhicule est du 40 et celles de rechange du 38, 39 et 41. Tentatives d’adaptation de la trop courte puis de la trop longue –sous les yeux de dizaines d’enfants pour qui nous représentons une distraction inespérée- mais rien n’y fait.

Des vertus de la panne

 

Départ de Terry à l’arrière d’une moto réquisitionnée pour essayer de trouver une courroie de 40 à la ville la plus proche. Ca renarde un peu. Au figuré comme au propre puisque la visite contrainte des ‘toilettes’ du village est ‘intéressante’. Heureusement, après un total de deux heures, Terry revient auréolé de la gloire du succès puisqu’il a réussi à mettre la main sur le caoutchouc manquant. Apparemment il y en avait une seule dans toute la ville et le plan B consistait à attendre une nuit et une journée qu’une autre courroie arrive…

Mais l’Afrique c’est aussi souvent des solutions aux problèmes soulevés. En général il faut juste du temps. C’est d’ailleurs un des traits qui nous différencient le plus d’eux, ce rapport au temps : attendre une journée pour quoi que ce soit, même un repas par exemple, est banal. Comme ils disent, « Les blancs ont des montres mais ils n’ont pas le temps »

Impact du retard, nous arriverons dans la réserve à l’heure chaude où les animaux commencent leur sieste donc les chances d’en voir seront moindres. En plus de la panne, Caroline montre tous les signes d’une nième gastro. Bref, L’ambiance est au beau fixe. On avance donc sur les pistes défoncées vers le parc à notre moyenne classique de 30 à l’heure. Et après le frisson de la chasse aux animaux se déclenche. Il y a un troupeau d’environ 200 éléphants résidents mais le parc est grand. Très grand. On se dit que si on ne peut pas les voir ce coup-là, il y a toujours l’excursion de demain matin plus tôt. Et en fait nous verrons des girafes, des hippotragues (antilopes-cheval) et d’autres animaux genre gazelles ou antilopes. Pour cinq heures de pistes défoncées c’est un peu maigre, d’autant que Caroline a un début de gastro et mal à la tête.

Faute de grives...

Mais on passe outre et on s’installe dans le campement sur son promontoire et la première impression n’est pas du tout aussi mauvaise qu’on nous l’avait annoncé: la vue sur la plaine est superbe, visiblement ils viennent d’installer des climatiseurs tout neufs (les cartons des nouveaux et les débris des anciens jonchent le sol entre les cases. Depuis et pour combien de temps?) et  les cases ont l’air plutôt mignonnes. Dedans on déchante un peu : tout est sombre et glauque, les quatre lits sont aussi défoncés que les pistes, un lit a une moustiquaire déchirée et la salle de bains est vraiment crade, ambiance couche de crasse sur les murs et par terre. Caroline se couche malade et déprimée. Je pars dîner avec les filles en me disant que ça ira mieux demain mais en me demandant quand même un peu ce qu’on fait là. Le lendemain, chou blanc sur les éléphants dans le parc. Pas cool et du coup on trace vers Rhimsiki et le Nigéria. 
En disant aux filles qu’on se refera à Bouba N’djida, notre deuxième et dernier parc animalier. Mais pour l’instant, re-6 heures de piste défoncée en montagne.

Piste non 'raclée'

Sachant que c’est horrible partout mais en particulier sur la place du milieu à l’arrière sur laquelle nous alternons. Heureusement la route est belle
et à la fin les paysages de la frontière nigériane sont vraiment somptueux :
l’érosion a créé des formations rocheuses bluffantes, la lumière déclinante est belle et même si on est fracassés par la route, le moral remonte un peu.

Rhumsiki

D’autant que le campement tenu par un suisse allemand sympa, ancien gardien de prison ! et  sa femme camerounaise est franchement très correct. Il y a même une piscine que nous sommes trop épuisés pour essayer. Marie-Claire la gérante nous explique combien les camerounais la rendent folle. Il est clair que travailler en Afrique requiert plus de patience, de persévérance et d’énergie qu’ailleurs…

Le lendemain, visite ‘locale’ (Aaaah ne pas prendre la voiture le matin et très peu seulement l’après-midi) au sorcier au crabe du village qui répond aux questions –moyennant CFA- en observant le comportement d’un crabe dans un pot fermé. 

 
 
 
 
 
 
 
 

Sorcier au crabe

On est libre d’y croire ou pas… Les enfants nous accueillent gentiment.  

 

 

 

Visite de la sculptrice de pots.

Excursion sur une montagne avec un magnifique point de vue, déjeuner et on part avec Terry et Manga dans leurs familles faire la fête des récoltes.

Très sympa même si hommes et femmes sont en moyenne à trois grammes, la bière de mil coulant à flot mais de manière assez cachée.

 

Découverte des greniers du village

K'est-ce tu vois dans le grenier?

 en évitant les coins où sont gardés les animaux domestiques (il n’y a pas de séparation) pour ne pas apprivoiser leurs tics. 

Le coton c'est doux

Hydrophile

Barbapapa? Fil de coton

Puis à la nuit tombante, nous sommes invités à la grosse fête du bourg. Nous quatre et 1500 habitants du village. Ca donne… Nous sommes suivis en permanence par une foule impressionnante de curieux, notamment des enfants. Un zeste oppressant pour Clémentine, Emilie en profite pour jouer avec son public

 
et moi j’essaye sans succès de photographier le dos de Thierry Henry petit. Après une demi-heure d’allégresse et quelques danses traditionnelles, on s’éclipse en ayant passé un moment assez rare.

 

Quand la pression devient trop forte, je m'échappe par le haut

Les meilleures choses ayant une fin, grosse étape de transfert le lendemain. Pendant laquelle nous décidons de renoncer à une fausse bonne idée : le retour du Nord-Cameroun à Yaoundé en train de nuit (entre 15 et 22 heures). Très sympa sur le papier mais beaucoup moins drôle avec des estomacs fragiles nécessitant des accès parfois dans l’instant aux sanitaires. Je me fais un peu tirer l’oreille avant d’accepter l’évidence et me mets en chasse de billets d’avion directement pour Douala. Un samedi soir à Garoua. Vaste programme que je raconterai une autre fois. Sachez juste qu’on ne les achète pas exactement en deux clics sur internet.

Dernière aventure du voyage africain, le parc animalier de Bouba N’djida.

Avec un arrêt hippo au départ

Hippos

Mais là encore la piste n’est pas raclée. 2 heures de route et 4 heures de calvaire dans le parc. D’autant qu’ici, au sortir de la saison des pluies, sauf là où ils ont fait des feux de brousse, les herbes font entre 3 et 4 mètres de haut…  D’ailleurs, comme dit le proverbe africain, Ce qui est plus fort que l’éléphant, c’est la brousse

Lorsque l'imbécile montre la lune, le sage regarde l'éléphant

Là encore quelques antilopes quand même, dont le ‘fameux pour les chasseurs’ Eland de Derby

Eland de Derby

à la fois rare et dur à chasser mais on veut du lion ou de l’éléphant et on aura juste leurs déjections. Fraîches certes mais une crotte même grosse et molle ne vaut pas la proie…

yeurk

Au campement de Bouba N’djida, on rencontre le gérant, un sacré type nommé Paul Bour, très charismatique dans un style low-key, vétéran des chasses en Afrique qui lui aussi nous a régalé avec ses histoires (celle du ménisque claqué face aux braconniers, celle du noir qui se protégeait du lion allongé sous sa bicyclette, les lions rugissant ayant passé une nuit au milieu du campement, le troupeau d’éléphants qui l’a traversé sans quasiment rien casser etc etc). En plus le campement qu’il fait vivre avec passion et qui nécessite une énergie colossale (ouvert 6 mois par an seulement et tous les ans, il faut tout nettoyer mais vraiment tout, la végétation envahissant même les boukarous pendant la saison des pluies, sans compter que c’est à au moins 6h 30 de piste défoncée de la ville la plus proche) est très beau.

Clémentine et Terry, les inséparables

Cela se mérite mais une fois arrivé, vous êtes au-dessus d’un bras de rivière qui sert de point d’eau où viennent boire les animaux le soir. Malheureusement pour lui, il y a au moins aussi beau, beaucoup plus confortable et bien plus accessible en Afsud, Namibie, Botswana and co.

Nous les avions mis au chaud pour un autre voyage et du coup j’ai presque regretté. D’autant que le lendemain, pour la faire courte, nous avons raté les éléphants à rien (un ‘stupide feu de brousse’ comme l’a dit Emilie très déçue) qui a déplacé les éléphants  dans une zone inaccessible.

Puis retour à Garoua, vol le lendemain matin pour Douala où nous passerons un jour à nous reposer au Méridien avant de prendre l’avion pour Buenos Aires (via Casablanca puis Dakar puis Sao Paolo quand même)

Une fin un peu en queue de poisson pour la partie africaine mais très honnêtement, après cinq semaines, nous étions ravis et impatients de partir retrouver la civilisation, des expressos, une nourriture qui fait plaisir, des choses qui marchent et du plaisir plus facile à trouver que par moments volés.

Pourtant, il y en a eu de ces moments volés, des interactions avec les enfants furent magnifiques, les animaux font rêver, les croyances sont incroyables, le Mali est un voyage merveilleux… Difficile de croire que dans nos vies à nous, on peut passer autant de temps par exemple sur le liseré d’un packaging de produits dont la moitié de l’humanité n’a même pas idée de l’existence ni de l’utilité. [Clin d’oeil à  nos copains et collègues des FMCG mais ça existe partout]

 Comment peut-il se faire que sur la même planète, après des dizaines de milliers d’année d’évolution, des milliards d’homo sapiens aient une espérance de vie de quarante ans, ni accès à l’éducation ni à l’eau, passent leur existence à assurer leur subsistance via des semailles et récoltes archaïques. Un énorme coup de chapeau au passage pour les gens des ONG rencontrés sur le terrain, comme ce groupe de filles de MSF. Pas étonnant que la foi déplace des montagnes vu l’engagement requis pour supporter chaleur, moustiques, odeurs, nourriture, hygiène, inertie and co. Et encore on n’était pas dans un camp au Darfour.

On le sait tous, mais le voir sur place le rend très tangible.

Voilà, ça m’a pris très longtemps pour écrire ce post –et je sens que ça se sent dans l’écriture- en partie car on a profité des étapes suivantes pour faire autre chose mais je vais essayer de reprendre le rythme. Inch Allah ! A ma décharge, le traitement et téléversement des images sur une connection qui ressemblait souvent à Internet 1995 était interminable, ponctué de pertes de réseau qui obligent souvent à en reprendre une partie. La bise à tous.

Il est interdi d'interdire

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6 responses

7 01 2010
Laurent G

Hello Jean Fab !
Je vous souhaite une bonne année à tous, loin de la neige, du froid et des montres qui indiquent le temps que l’on a pas 😉 , enjoy !
Et merci pour ces billets, longs à écrire pour toi mais un régal à lire pour vivre un peu de votre aventure (je vous laisse les gastros par contre ! )

8 01 2010
Nouche

Bonne année à tous les kirikoufans!
Grâce à ces posts, on a un peu l’impression d’avoir vécu la grande aventure africaine, celle hors des sentiers battus et qu’on n’a justement jamais de le temps de vivre!

8 01 2010
The Days

Great to find you back into writing again Fabrice. We so enjoy reading your adventures, we alsmost feel as if we are aprt of it sometimes!!
Love to you all from a very very cold and 20cm deep of snow Reigate!
Jacqui, Jonathan, James and Gemma
xx

10 01 2010
Marie Lecocq

Bonjour Clémentine,

C’est Marie, ta copine de classe de l’année dernière. J’avais très envie d’avoir de tes nouvelles pendant ton tour du monde et c’est grâce à la maman d’Alexandre que je t’ai retrouvée. J’ai été impressionnée de te voir toucher un gros lézard. Pourquoi n’as-tu pas aussi touché aussi les dauphins, qui étaient magnifiques? Est-ce que tu sais nager? Dans quel pays vas-tu aller maintenant?
Ici tout va bien. A l’école on a tiré les rois mais je n’ai pas eu la fève. Pendant les vacances de Noël, j’ai fait du ski et du patin à glace pour la première fois. Ca m’a plu mais je n’ai pas aimé l’école de ski parce que je voulais faire comme je voulais…
J’aimerais bien pouvoir jouer avec toi. Quand reviens-tu?
Je t’embrasse,
Marie

11 01 2010
Gourrand Régis

Bonjour à tous
Avec un peu de retard, je vous souhaite mes meilleurs voeux pour 2010, et je pense que cette année sera fantastique pour vous et vos 2 petites perles .
Merci beaucoup pour votre message de sympathie pour l’hotel Ambedjele , je suis trés ravi que vous vous soyez détendu ici.
Une grosse bise à mes 2 puces
Régis, Hotel Ambedjele

3 01 2011
gourrand regis

Bonjour à tous les 4
Pour cette nouvelle année 2011, je vous présente mes meilleurs voeux à tous les 4.
Je suis revenu en France, les hotels au Mali fermant un par un, avec les enlèvements des ressortissants Français.
Je recherche biensur à repartir, avec mes 2 enfants, puisque j’ai divorcé cette année.
Une grosse bise au 2 puces.

Régis, exirecteur hotel ambedjele Mali Mpoti

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